La lettre de Guy Môcquet militant communiste. Nous avons retrouvé, en exclusivité pour vous, une lettre d'un autre condamné, René RUELLE.
Par administrateur, samedi 23 juin 2007 à 17:37 :: La pensée du jour :: #48 :: rss
Bernard BAUDOUX...
lors de la campagne des légisaltives a tenu à lire publiquement la dernière lettre de Guy, militant communiste fusillé par les nazis. Le père de Guy était député communiste.
Il s'est félicité que cette lettre soit lue aux élèves de France. Mais, il a précisé qu'il préférerait que l'idéal que Guy Môcquet défendait soit mis en oeuvre.
La voici :
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"
Chère Maman
Condamné à mort par le Tribunal Militaire Allemand du 30 novembre 1943, je viens d’apprendre aujourd’hui 14 décembre à 13 heures que je serai exécuté dans l’après-midi à 16 heures, je suis un peu triste de mourir sans te revoir, sans revoir également la femme de mon cœur que j’aimais tant, mon frère, mon petit neveu Janot et ma petite nièce Jeannette et mes amis qui m’ont rendu de très grands services dans la vie, je ne crains pas la mort, car je sais que je perds la vie pour la France, pour les masses laborieuses que j’aimais tant, je meurs content car je suis certain que la France ne peut pas périr ; que ses fils qui survivront à cette tragique épreuve sauront faire le nécessaire. Ma chère petite Maman, il ne faut pas pleurer, nous nous disputions parfois, mais c’est parce que nous nous aimions bien, toutes mes dernières pensées vont vers toi et ma petite femme chérie. Sois fière de ton fils, relève la tête et dis-toi bien que des millions d’être humains sont morts pour la liberté. Je n’ai fait que modestement mon devoir, je regrette de n’avoir pas fait plus, je te demande d’aimer plus que jamais mon frère, mon petit Janot ma petite nièce Jeannette et ma belle-sœur Charlotte. Serrez-vous les coudes, vivez unis. Aimez-vous, tous de tout votre cœur, je vous demande d’être courageux. On ne vit pas avec les morts ; le destin n’a pas permis que nous vivions ensemble. Embrasse tes parents pour moi, ainsi que mes amis ; dis leur que j’ai su mourir en brave. Il faudra que tu refasses ta vie. Oublies moi. Ma chère petite, dis-toi bien que je t’ai aimée de tout mon être et que lorsque je verrai les fusils du peloton d’exécution dirigés vers moi, je penserai à toi pour renforcer mon courage. Ma chère petite Maman, garde précieusement ma dernière lettre ce sera le meilleur souvenir de moi, et toi mon cher frère, je te demande d’aider notre pauvre mère à vivre, tu sais que ses revenus sont restreints, je compte sur toi. Sois courageux pour traverser cette épreuve, tu as deux beaux petits enfants qui t’adorent, une femme qui t’aime beaucoup, je t’embrasse avant de mourir et te souhaite bonne chance et vous mes amis qui seront peinés d’apprendre ma mort, je vous demande de travailler ferme pour que la vie soit belle.
Habitant de Croix-Calayau, de Bousies, les ouvriers de Montbard, votre camarade Ruelle vous quitte en vous embrassant.
Adieu Maman, garde bon courage, ne pleure pas ton fils, il sourira devant le peloton d’exécution, adieu ma petite femme chérie, adieu mon frère César, adieu Charlotte, adieu Janot, adieu Jeannette, adieu mes chers amis.
Ma chère Maman, je te fais mon héritier, tu recevras mes derniers objets et mon linge d’ici peu. Sois forte et espère en l’avenir.
Vive la France Éternelle
René Ruelle
Il est deux heures. Demande mon corps aux Autorités Allemandes. Je te demande de me mettre près de mon père que j’aimais tant. Je t’embrasse de tout mon cœur. Tu recevras sans doute deux lettres avant celle-ci, je ne t’ai pas avertis plus tôt que j’allais mourir car j’ai jugé que tu l’apprendrais assez tôt.
Il s'est félicité que cette lettre soit lue aux élèves de France. Mais, il a précisé qu'il préférerait que l'idéal que Guy Môcquet défendait soit mis en oeuvre.
La voici :
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant. Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Guy
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"
Chère Maman
Condamné à mort par le Tribunal Militaire Allemand du 30 novembre 1943, je viens d’apprendre aujourd’hui 14 décembre à 13 heures que je serai exécuté dans l’après-midi à 16 heures, je suis un peu triste de mourir sans te revoir, sans revoir également la femme de mon cœur que j’aimais tant, mon frère, mon petit neveu Janot et ma petite nièce Jeannette et mes amis qui m’ont rendu de très grands services dans la vie, je ne crains pas la mort, car je sais que je perds la vie pour la France, pour les masses laborieuses que j’aimais tant, je meurs content car je suis certain que la France ne peut pas périr ; que ses fils qui survivront à cette tragique épreuve sauront faire le nécessaire. Ma chère petite Maman, il ne faut pas pleurer, nous nous disputions parfois, mais c’est parce que nous nous aimions bien, toutes mes dernières pensées vont vers toi et ma petite femme chérie. Sois fière de ton fils, relève la tête et dis-toi bien que des millions d’être humains sont morts pour la liberté. Je n’ai fait que modestement mon devoir, je regrette de n’avoir pas fait plus, je te demande d’aimer plus que jamais mon frère, mon petit Janot ma petite nièce Jeannette et ma belle-sœur Charlotte. Serrez-vous les coudes, vivez unis. Aimez-vous, tous de tout votre cœur, je vous demande d’être courageux. On ne vit pas avec les morts ; le destin n’a pas permis que nous vivions ensemble. Embrasse tes parents pour moi, ainsi que mes amis ; dis leur que j’ai su mourir en brave. Il faudra que tu refasses ta vie. Oublies moi. Ma chère petite, dis-toi bien que je t’ai aimée de tout mon être et que lorsque je verrai les fusils du peloton d’exécution dirigés vers moi, je penserai à toi pour renforcer mon courage. Ma chère petite Maman, garde précieusement ma dernière lettre ce sera le meilleur souvenir de moi, et toi mon cher frère, je te demande d’aider notre pauvre mère à vivre, tu sais que ses revenus sont restreints, je compte sur toi. Sois courageux pour traverser cette épreuve, tu as deux beaux petits enfants qui t’adorent, une femme qui t’aime beaucoup, je t’embrasse avant de mourir et te souhaite bonne chance et vous mes amis qui seront peinés d’apprendre ma mort, je vous demande de travailler ferme pour que la vie soit belle.
Habitant de Croix-Calayau, de Bousies, les ouvriers de Montbard, votre camarade Ruelle vous quitte en vous embrassant.
Adieu Maman, garde bon courage, ne pleure pas ton fils, il sourira devant le peloton d’exécution, adieu ma petite femme chérie, adieu mon frère César, adieu Charlotte, adieu Janot, adieu Jeannette, adieu mes chers amis.
Ma chère Maman, je te fais mon héritier, tu recevras mes derniers objets et mon linge d’ici peu. Sois forte et espère en l’avenir.
Vive la France Éternelle
René Ruelle
Il est deux heures. Demande mon corps aux Autorités Allemandes. Je te demande de me mettre près de mon père que j’aimais tant. Je t’embrasse de tout mon cœur. Tu recevras sans doute deux lettres avant celle-ci, je ne t’ai pas avertis plus tôt que j’allais mourir car j’ai jugé que tu l’apprendrais assez tôt.
Commentaires
1. Le vendredi 09 novembre 2007 à 20:28, par titi37
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