Article paru dans la Voix du Nord le 26/01.
Aulnoye-Aymeries compte parmi les villes du Nord qui auront le plus changé d’aspect durant un mandat. Son maire Bernard Baudoux, 59 ans, a impulsé une dynamique dans cette cité flirtant avec les 10 000 habitants et frappée dans les années passées par les restructurations économiques.
PAR GÉRALDINE BEYS
avesnes@lavoixdunord.f

Il est loin le temps où Vallourec, producteur de tubes pour forages pétroliers, employait 3000 personnes à Aulnoye-Aymeries. C’est moitié moins aujourd’hui. Recettes fiscales amputées, moral en berne pour les “gueules cassées” de cette guerre économique, habitat triste… le tableau de la ville était morose. Et cette cité du Val de Sambre n’était pas de celles qui séduisent d’entrée le visiteur. Depuis 2000, Aulnoye se transforme. « On est sur le bon chemin. Les habitants et notamment la jeunesse ont repris confiance en leur ville. » analyse le maire, candidat à un troisième mandat et membre du PCF.
Améliorer la liaison routière Aulnoye-Bavay, valoriser le patrimoine naturel de la ville en tirant partie de la Sambre et de la forêt à deux pas, réhabiliter les équipements collectifs, construire des logements après avoir rayé du paysage ceux inesthétiques et vétustes, mettre enfin la ville à 35 mn de Lille en train… c’est une partie du challenge. « L’idée c’est de faire entrer le train dans la ville. Les villes du futur s’articuleront autour des transports collectifs ». Le centre ville est en complète refonte. Et le quartier de la gare avec. Un collège neuf a remplacé les deux anciens. Le permis de construire d’un nouveau lycée est signé. La piscine, l’Aiguade, a été rénovée. La salle de sports Delaune a été refaite à neuf.
Autant de réalisations qui rendent la ville attractive. « C’est l’ANRU (l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) qui va nous aider à “requalifier” les quartiers. On a 350 logements en chantier. On est submergé de demandes ». Un exemple, les parcelles du lotissement Fache La Chapelle se vendent comme des petits pains dans une ville où il y a quelques années le nouveau venu préférait habiter Le Quesnoy ou Bavay. Il faut bien avouer qu’Aulnoye a des arguments, surtout pour les couples avec enfants. « Les familles investissent ici parce qu’elles y trouvent ce que leurs enfants ont besoin. Il y a tout ce qu’il faut. C’était important parce qu’avec la crise, les jeunes pouvaient plonger dans la désespérance. Et puis, la Culture joue aussi ». Le festival de musique Les Nuits Secrètes en août n’a rien à envier à la programmation de l’Aéronef.
Aulnoye fait partie d’un territoire. Ça aussi le maire ne cesse de le rappeler misant sur la campagne bocagère et les produits de l’agriculture qui en sont issus. Le Rendez-vous des saveurs qui fin mars fait la part belle au terroir participe à la notoriété de la ville qui n’oublie pas qu’elle est un produit hybride entre bocage et tradition industrielle.