CONSEIL GENERAL DU NORD
SEANCE PLENIERE DU 02 Juin 2008
Intervention de Monsieur Fabien THIEME
Objet : Question d’actualité
"Notre cher Président de la République qui a déclaré vouloir s’adresser à « la France qui travaille et pas à celle qui manifeste » voit aujourd’hui son « travailler plus pour gagner plus » se traduire en pratique par « travailler plus pour gagner moins ».
De couacs en couacs, d’annonces en annonces, voilà désormais que l’on s’oriente vers une durée du travail négociée par entreprise pouvant aller jusque 48 heures.
En souhaitant reculer le seuil de déclenchement des heures supplémentaires, le gouvernement nie ainsi, sous le regard bienveillant du MEDEF, sa propre logique d’augmentation du revenu par l’augmentation du volume d’heures travaillées.
Il s’est d’ailleurs bien caché de dire aux salariés que ces heures supplémentaires seraient intégrées dans le calcul de base du quotient imposable.
Aujourd’hui, il nous ressort la vieille idée de la « participation » et fait miroiter aux français une prochaine baisse des prix.
Or, l’urgence est à l’augmentation des salaires, des pensions, des retraites et des minima sociaux.
Rien d’utopique à cela.
Il suffit de regarder les 33 millions d’euros accumulés par les 10 premiers PDG du Cac 40 en 2007 ou encore le fait que les groupes français explosent la barre des 100 milliards d’euros de profits.
Dès lors, la question de la redistribution des richesses produites devient inévitable, non seulement en France mais également à travers l’Europe et le Monde où là aussi la colère monte.
Aussi, à l’heure où les conflits sociaux se multiplient et où les conditions de vie des familles s’aggravent, notre gouvernement, 40 ans après le Grenelle des salaires qui rappelons-le avait conduit à une hausse des salaires de 35% et à la relance de notre économie, s’honorerait de profiter de sa prochaine présidence de l’Union Européenne pour poser cette question essentielle et vitale pour notre société qu’est celle des salaires.
Il en va de la qualité de vie de millions de salariés, de milliers de nordistes qui se lèvent tôt pour travailler ou aimeraient pouvoir le faire et de la relance d’une économie aujourd’hui à bout de souffle."