Dès le lendemain des élections européennes, le PCF a pris l’initiative de lancer un appel au rassemblement le plus large à gauche pour résister à la droite et construire une alternative. Francis Parny, responsable aux relations extérieures du PCF, revient sur le sens et le contenu de l’initiative.
Communistes : La semaine dernière la direction du PCF lançait un appel à « poursuivre et élargir la démarche du Front de gauche ». A qui s’adresse cet appel et dans quel but ?
Francis Parny : Oui, il faut poursuivre et élargir la démarche du Front de gauche. Nous cherchons le rassemblement le plus large à gauche sur la base d’un contenu qui permette à nos concitoyens de vivre et de construire leur avenir et celui de leurs enfants. Les élections et notamment l’abstention volontaire de nombreuses et nombreux électeurs ont montré un rejet des politiques suivies en Europe et en France. C’est normal, ces politiques produisent du chômage et détruisent la planète en soumettant toute décision à la recherche du profit immédiat le plus élevé ; elles s’opposent aux progrès des salaires et remettent en cause les services publics ; elles s’appuient sur la peur de l’autre et la mise en concurrence de tous contre tous. La question d’une alternative a ces politiques reste donc la question centrale. Elle ne peut se construire que par un travail en commun entre partis de gauche, entre militantes et militants politiques, associatifs ou syndicaux dans le respect du rôle de chacune et chacun. Cette démarche a vocation à s’adresser a tout le monde à gauche, comme une invitation à dépasser les intérêts partisans.
Communistes : Avez-vous de premiers échos sur la façon dont est perçue cette initiative ?
Francis Parny : L’union est toujours souhaitée et soutenue. Il faut en construire les contours les plus efficaces à partir des contenus. Dans ce cadre, le Front de gauche n’a pas de frontières à gauche. L’espoir qu’il a suscité lui donne obligation de s’ouvrir encore. Les communistes veulent en débattre collectivement entre eux et avec tous les partenaires potentiels d’un renouveau à gauche sans a priori sur les contours du rassemblement.
Face au Président de la République qui utilise la crise ou le résultat des élections pour poursuivre ses réformes et aggraver sa politique de précarité de l’emploi, de réduction des salaires et de la dépense publique, il faut être en mesure de définir les contours d’une autre politique seule à même de rassembler une majorité populaire. Mettons-nous au travail et proposons largement à nos amis, nos voisins, nos collègues de rejoindre le PCF pour ce grand objectif.
Communistes : Quel actes visibles comptez-vous prendre pour donner corps à cette démarche ?
Francis Parny : Dans les dix jours qui viennent nous rencontrons le Parti de gauche, la Gauche unitaire ainsi que République et Socialisme. Nationalement et localement le PCF prend des initiatives de rencontres appuyées sur les nombreux contacts qu’il a eus dans la campagne. Il faut créer un espace de débat public démultiplié dans toute la France en liaison avec les luttes nécessaires pour s’opposer aux conséquences de la crise.
Nous voulons donner suite à nos initiatives pour le relèvement du SMIC, pour un Grenelle des salaires, pour empêcher les licenciements boursiers. Nous voulons le faire en France ainsi qu’avec notre nouvelle et nos nouveaux députés européens ; poser la question de la compatibilité d’un développement durable avec les choix libéraux de Bruxelles et de Nicolas Sarkozy en matière de transport ou d’énergie par exemple. Poser les jalons d’une nouvelle façon de produire s’appuyant sur une autre utilisation de l’argent et du crédit.
Propos recueillis par Patrice Falguier