Au nom du groupe Communiste.
Monsieur le Président,
Chers Collègues,
J’ai rencontré des producteurs de lait de mon canton. Notre dialogue a porté sur la situation catastrophique de cette filière comme de l’ensemble des filières agricoles. Le monde agricole la réaffirmé lors de la manifestation de Vendredi dernier. Ils sont présentés comme des chefs d’entreprises indépendants. Mais de quelle indépendance parle-t-on ?
Ils fournissent la matière première aux industriels de l’agro-alimentaire mais ils ne peuvent fixer leur prix !
Une décision européenne tire les prix par le bas : 0,28 cents le litre en moyenne ces trois premiers trimestres.
Bien sûr, au nom de la concurrence libre et non faussée cher à BRUXELLES.
A 0,40 cents, ils arrivaient juste à payer leurs charges et à s’octroyer un SMIC.
Qui sont les fautifs ?
L’Europe et le gouvernement Français.
Rappelons que c’est sous la présidence française de l’Union Européenne que le système de régulation par les quotas laitiers ont été abandonnés en Novembre 2008.
Rappelons que la loi de modernisation de l’économie votée par la majorité de droite au Parlement en Mai 2008 constitue une rupture fondamentale avec le système de formation des prix en France et a permis à la grande distribution de dénoncer l’accord des prix laitiers avec les producteurs.
Voilà qui sont les saccageurs de notre agriculture : l’Europe et le gouvernement de Nicolas SARKOZY
Les jeunes qui ont investis, poussés par les grandes banques, ne peuvent plus survenir à leur charge.
Alors qu’ils en arrivent à jeter le fruit de leur travail : l’Europe va-t-elle entendre cet appel au secours !
Le désespoir s’installe, il en va de leur survie !
Les premières mesures gouvernementales ne font que reporter le problème. Il s’agit de report de charges et d’emprunt de transition. La solution ne peut passer que par un prix juste correspondant au coût de production et à un salaire décent.
Mais, pour cela, il faut une politique européenne qui impose une logique économique respectueuse de l’Homme, de son travail et de son environnement.
L’argent pour l’argent ne peut être une fin !
Les banques qui ont déjà réglé leurs problèmes, reversent déjà des bonus aux traders. C’est de la provocation !
Des salariés jetés à la rue, d’autres qui se suicident face à la pression, des agriculteurs dans la détresse, des postes de fonctionnaires supprimés en masse, des hôpitaux en faillite…
Les collectivités territoriales qu’on assassine.
Ce monde du fric est indécent, méprisant, il faut le changer.
Aussi Monsieur le Président le groupe Communiste demande que notre institution intervienne auprès du Ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche ainsi qu’auprès de la commissaire européenne pour qu’une vraie négociation sur le prix du lait soit menée avec le monde agricole. Je vous remercie.