Entretien de Jacques Higelin avec la presse : à lire absolument!!!
Par administrateur, mardi 02 mars 2010 à 11:51 :: La presse :: #373 :: rss
Suite à la sortie de son nouvel Album "Ne vous laissez pas abattre." Voici l'entretien accordé à l'AFP par Jacques Higelin.
Toujours aussi révolté et poète, Jacques Higelin publie lundi "Coup de foudre" (EMI) un album dont le mot d'ordre est : "Ne vous laissez pas abattre !", explique-t-il dans un entretien accordé à l'AFP.
AFP - le 21 février 2010, 10h04
Q : Après "Amor Doloroso" (2006) qu'il avait produit, était-ce une évidence de retravailler avec l'ex-leader de Kat Onoma Rodolphe Burger ?
R : "Rodolphe avait envie de repartir avec nous, de nous inviter (dans sa ferme-studio alsacienne de Sainte-Marie-aux-Mines, ndlr). Je ne me voyais pas aller dans un studio et cet endroit est tellement fascinant, magique, vivant, bordélique, avec plein d'instruments dans le grenier.
Q : Comment s'est passé l'enregistrement ?
R : Il y a eu beaucoup de joie, de concentration et d'énergie positive, avec des gens qui étaient ravis d'être ensemble. Très vite, entre les sept musiciens, ça a ressemblé à un groupe, comme si on avait joué depuis longtemps ensemble.
Q : Vous avez déjà démarré la tournée "Coup de foudre". Comment se passe-t-elle ?
R : Moi y compris, cinq des musiciens de l'album se retrouvent sur scène. C'est une continuité. C'est très rock. On fait 21 morceaux, tous ceux de l'album et 11 plus anciens. Dans les concerts, je sens que les gens ont plus que jamais besoin d'encouragements et aussi d'un moment de bonheur.
Q : Sur "Coup de foudre" vous reprenez "Aujourd'hui la crise", écrite en 1976. Pourquoi ?
R : Au moment où je l'ai écrite, la crise c'était déjà le prétexte pour foutre tout le monde sur la paille. La crise, ça fait longtemps qu'ils nous ressortent le truc, alors que, simplement, des banques ont commis des actions scélérates uniquement pour le fric.
Je n'ai pas l'âme d'un homme de pouvoir, le pouvoir que j'ai c'est de rendre les gens heureux et de leur redonner confiance en eux. C'est pour ça que dans ce qu'on fait actuellement, il rentre une part de rébellion réelle, mais aussi de +Ne vous laissez pas abattre !+. Je me dis que quand les artistes baissent pavillon et ne soutiennent plus les gens par un langage vigoureux, ne les encouragent plus, c'est une façon de les trahir.
Q : Que pensez vous de la France de 2010 ?
R : C'est effrayant ce qui est en train de se passer. Il y a de plus en plus de chômeurs, de gens à la rue. Les ministres, le président, les gens qui ont le pouvoir absolu ne savent pas ce qu'il se passe. +Travailler plus pour gagner plus+ ? Mais les gens voudraient déjà travailler ! C'est tellement cynique de dire un truc pareil. Le peuple, on ne lui parle pas comme ça, on prend en considération ce qu'il dit et on essaye de rectifier le tir, de ne pas priver les gens de toute dignité ! C'est indigne d'un président de faire ça ! Il y a une tentative d'écrasement du social : l'éducation, la santé, le logement... c'est violent. Qu'est-ce que ça va donner ? J'espère au moins qu'aux prochaines élections, ça ne va pas tourner vers l'extrême-droite.
Q : Après Arthur H chanteur, Ken acteur et réalisateur, votre fille Izia s'est lancée dans le rock. Vous êtes à la tête d'une dynastie d'artistes ?
R : C'est ce qu'on dit. Ca s'est passé naturellement, je n'ai jamais poussé mes enfants. Je ne suis pas derrière eux pour les imposer. Il s'imposent petit à petit par leur réel talent. Dans une interview, Izia a dit qu'elle était fière de son père. Et moi, je suis fier de mes enfants".
ber/bp/ag
Propos recueillis par Bénédicte REY
AFP - le 21 février 2010, 10h04
Q : Après "Amor Doloroso" (2006) qu'il avait produit, était-ce une évidence de retravailler avec l'ex-leader de Kat Onoma Rodolphe Burger ?
R : "Rodolphe avait envie de repartir avec nous, de nous inviter (dans sa ferme-studio alsacienne de Sainte-Marie-aux-Mines, ndlr). Je ne me voyais pas aller dans un studio et cet endroit est tellement fascinant, magique, vivant, bordélique, avec plein d'instruments dans le grenier.
Q : Comment s'est passé l'enregistrement ?
R : Il y a eu beaucoup de joie, de concentration et d'énergie positive, avec des gens qui étaient ravis d'être ensemble. Très vite, entre les sept musiciens, ça a ressemblé à un groupe, comme si on avait joué depuis longtemps ensemble.
Q : Vous avez déjà démarré la tournée "Coup de foudre". Comment se passe-t-elle ?
R : Moi y compris, cinq des musiciens de l'album se retrouvent sur scène. C'est une continuité. C'est très rock. On fait 21 morceaux, tous ceux de l'album et 11 plus anciens. Dans les concerts, je sens que les gens ont plus que jamais besoin d'encouragements et aussi d'un moment de bonheur.
Q : Sur "Coup de foudre" vous reprenez "Aujourd'hui la crise", écrite en 1976. Pourquoi ?
R : Au moment où je l'ai écrite, la crise c'était déjà le prétexte pour foutre tout le monde sur la paille. La crise, ça fait longtemps qu'ils nous ressortent le truc, alors que, simplement, des banques ont commis des actions scélérates uniquement pour le fric.
Je n'ai pas l'âme d'un homme de pouvoir, le pouvoir que j'ai c'est de rendre les gens heureux et de leur redonner confiance en eux. C'est pour ça que dans ce qu'on fait actuellement, il rentre une part de rébellion réelle, mais aussi de +Ne vous laissez pas abattre !+. Je me dis que quand les artistes baissent pavillon et ne soutiennent plus les gens par un langage vigoureux, ne les encouragent plus, c'est une façon de les trahir.
Q : Que pensez vous de la France de 2010 ?
R : C'est effrayant ce qui est en train de se passer. Il y a de plus en plus de chômeurs, de gens à la rue. Les ministres, le président, les gens qui ont le pouvoir absolu ne savent pas ce qu'il se passe. +Travailler plus pour gagner plus+ ? Mais les gens voudraient déjà travailler ! C'est tellement cynique de dire un truc pareil. Le peuple, on ne lui parle pas comme ça, on prend en considération ce qu'il dit et on essaye de rectifier le tir, de ne pas priver les gens de toute dignité ! C'est indigne d'un président de faire ça ! Il y a une tentative d'écrasement du social : l'éducation, la santé, le logement... c'est violent. Qu'est-ce que ça va donner ? J'espère au moins qu'aux prochaines élections, ça ne va pas tourner vers l'extrême-droite.
Q : Après Arthur H chanteur, Ken acteur et réalisateur, votre fille Izia s'est lancée dans le rock. Vous êtes à la tête d'une dynastie d'artistes ?
R : C'est ce qu'on dit. Ca s'est passé naturellement, je n'ai jamais poussé mes enfants. Je ne suis pas derrière eux pour les imposer. Il s'imposent petit à petit par leur réel talent. Dans une interview, Izia a dit qu'elle était fière de son père. Et moi, je suis fier de mes enfants".
ber/bp/ag
Propos recueillis par Bénédicte REY
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