A l’heure où des milliers d’enfants et de jeunes font leur rentrée, comment ne pas s’interroger sur les conditions dans lesquelles ils vont être accueillis, eu égard aux 16 000 suppressions de postes qui frappent cette année encore l’Education Nationale.
Qu’en sera-t-il également des conditions de travail des enseignants qui vont être confrontés à des classes surchargées, sans oublier le sort des jeunes enseignants stagiaires qui vont se retrouver seuls face à une classe sans avoir reçu la moindre formation.
Ces conditions d’enseignement sont indignes de notre pays, de son riche passé en la matière et de l’avenir qu’il nous faut collectivement construire. Si l’on ajoute à cela les réformes en direction de la petite enfance qui conduisent à abaisser la qualité d’accueil des enfants et la situation des jeunes en matière de chômage, on peut légitimement s’inquiéter du sort réservé à notre jeunesse.
Additionné à toute une série de mesures plus porteuses d’inégalités les unes que les autres, c’est en fait un véritable plan de rigueur qui est mis en œuvre par le Gouvernement, plan qui vise à faire payer aux Français une crise dont ils ne sont pas responsables.
Aucun champ de la vie quotidienne des familles n’est épargné, de la santé au logement, des salariés aux retraités, du public au privé, ceci alors même que de nombreux sacrifices ont d’ores-et-déjà été concédés par les français.
Si ces choix sont frappants au niveau national, les répercussions dans le Valenciennois (NDLR il en est de même dans notre Avesnois) et notre région le sont davantage encore.
Le projet de loi sur la retraite est symbolique de cette politique, de l’inefficacité et de l’injustice des choix gouvernementaux. Avec cette réforme, l’âge légal passerait à 62 ans et beaucoup devraient travailler jusqu’à 67 ans pour avoir droit à une retraite à taux plein.
L’essentiel du financement repose sur les salariés : 42 milliards d’euros contre 4 milliards pour les grandes fortunes et les multinationales, alors même que ces dernières sont déjà protégées à la fois par le désormais célèbre « bouclier fiscal » et des allègements de charges et de cotisations qui n’ont démontré aucune efficacité quant à la création d’emplois.
La réforme voulue par le Gouvernement est d’autant plus injuste qu’elle intervient à l’heure où des plans de licenciements frappent des centaines de milliers de nos concitoyens de plus de 50 ans et les confinent à l'assurance chômage puis aux allocations de fin de droits, sans jamais pouvoir retrouver un emploi.
Elle nie également la pauvreté qui frappe aujourd’hui un grand nombre de retraités alors même que l’on sait que 90% des pensions sont inférieures à 1 000 euros et qu’un million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté.
Elle est tout aussi injuste pour la jeunesse puisque faire travailler plus longtemps les salariés revient à réduire les possibilités d'accès à l'emploi des jeunes déjà durement touchés par un chômage massif.
C’est pourquoi, en cette rentrée, je souhaite réaffirmer que l’argent existe pour vivre mieux et que d’autres choix, véritablement justes et ne tournant pas le dos à la situation sociale à laquelle est confronté notre pays, sont possibles.
En effet, en pleine crise, et pendant que le Valenciennois enregistrait une hausse du chômage de 14,2%, la fortune des 500 familles les plus riches de France a augmenté de 25% sur l’année 2009, passant de 194 milliards d’euros à 241 milliards d’euros.
Les profits des grandes multinationales sont quant à eux toujours aussi faramineux et ne participent que trop peu au développement social de notre pays, de notre région, alors même qu’ils reposent en grande partie sur le travail des salariés et les trop nombreux sacrifices concédés par les familles.
Devant autant d’injustices, face à un Gouvernement aveugle dont les déclarations et les choix portent de plus en plus atteinte à nos principes républicains, j’estime qu’il nous faut faire retentir cette rentrée 2010. Cela passe par une mobilisation massive, dans la plus grande diversité, le 7 septembre prochain.
Le 7 septembre prochain, ensemble, soyons nombreux aux côtés des salariés, des jeunes, des retraités, des familles à rejeter ces choix gouvernementaux et à défendre une alternative crédible et juste, une alternative où l’humain, loin devant l’argent roi, tient toute sa place.
Sachant l'intérêt que vous portez à ces questions et persuadé que vous n'hésiterez pas de communiquer ces éléments à vos amis, Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, Cher(e) Ami(e), en l'assurance de mes salutations les meilleures.
Fabien THIEME
Maire de Marly
Vice Président du Conseil Général du Nord