Le constructeur français confie au site de Dacia la construction d'un petit moteur à essence. Et se défend de délocaliser.
Renault s'en défend, mais « délocalisation » est pourtant bien le mot qu'il convient d'employer après le choix d'attribuer, à la Roumanie, la construction de ses petits moteurs à essence basse consommation de nouvelle génération. La production devrait démarrer en 2012 ou 2013, sur le site Dacia de Pitesti, où sont fabriquées les Logan.
« Deux nouveaux moteurs vont sortir dans les prochains mois : le H4 fabriqué en Roumanie, et le H5, en Espagne, à Valladolid », confirme un porte-parole du constructeur, démentant toute accusation de délocalisation. Renault, détenu à 15 % par l'État, fabrique pourtant 29 % de ses moteurs en France, contre 85 % à son rival PSA.
Emplois détruits ?
Selon Libération vendredi, la décision du constructeur toucherait, par ricochet, la société La Française de mécanique. Située à Douvrin (Pas-de-Calais), cette entreprise fabrique la gamme actuelle (D4) destinée aux petites Renault (Clio, Twingo, et gamme Logan). À terme, le transfert décidé en Roumanie pourrait détruire 200 à 400 emplois sur 3 450, dans cette usine de moteurs détenue à parité par Renault et PSA.
Question mécanique, le H4 et le H5 « ne sont pas des concurrents du D4 », argue-t-on chez Renault, en faisant valoir que « ces moteurs sont appelés à prendre la place de modèles anciens quasiment similaires qui étaient déjà fabriqués en Turquie, en Espagne et en Roumanie ».
Mais quid du volet social ? Carlos Ghosn avait annoncé, en février, « qu'il n'y aurait ni fermeture de site, ni licenciement, ni départ volontaire dans le cadre du nouveau plan stratégique ». « Ce qui s'applique à Douvrin », rassure Renault. Rappel : il y a plus d'un an, l'hypothèse d'une délocalisation de la production de Clio 4 en Turquie avait valu au PDG d'être convoqué à l'Élysée par Nicolas Sarkozy...